Les troubles temporo-mandibulaires (TTM) résultent d'un déséquilibre dans le fonctionnement des articulations des mâchoires (ATM) et des muscles masticateurs. C'est une affection assez fréquente qui touche plus souvent les femmes que les hommes.
Sur trois personnes concernées, deux sont des femmes
Une analyse de six études menées dans cinq pays différents a révélé que 11,3 % des femmes et 6,5 % des hommes souffrent de dysfonction temporo-mandibulaire (DTM) soit un rapport d'environ 1,7 pour 1. D'autres données récoltées en Suède confirment cette tendance avec une fréquence de 12,7 % chez les femmes contre 6,7 % chez les hommes. Ainsi, presque deux fois plus de femmes que d'hommes souffriraient de DTM. Ceci suggère que les hormones féminines joueraient un rôle dans le développement et l'évolution de cette affection.
Rôle des hormones féminines dans les TTM
Plusieurs éléments renforcent l’hypothèse d’un lien hormonal. Chez les femmes, les troubles de l’articulation de la mâchoire apparaissent principalement entre 20 et 40 ans, période où les taux d’œstrogènes sont les plus élevés, et deviennent moins fréquents après la ménopause, lorsque ces taux diminuent.
Par ailleurs, une étude a montré que l’administration d’œstrogènes (via la contraception ou l’hormonothérapie substitutive) serait associée à une augmentation de 20 à 30 % du risque de développer une DTM, ce qui confirme l’idée d’une influence hormonale.
Comment les hormones agissent-elles?
Une étude de la littérature scientifique réalisée en 2008 tente d'éclairer certains mécanismes qui mettent en jeu les oestrogénes dans l'apparition de ces troubles. Les chercheurs pensent que les œstrogènes exercent des effets sur diverses structures de l'ATM.
- Sensibilité à la douleur: Les œstrogènes peuvent moduler la perception de la douleur, influençant ainsi la sensibilité aux perceptions articulaires.
- Articulations des mâchoires: La présence de récepteurs aux œstrogènes dans les structures de l'ATM suggère que ces hormones pourraient influencer leur fonction et leur intégrité.
- Muscles masticateurs: Les œstrogènes peuvent affecter la fonction des muscles impliqués dans la mastication, contribuant potentiellement aux dysfonctions de l'ATM.
Conclusion
La prévalence plus élevée des troubles temporo-mandibulaires chez les femmes par rapport aux hommes est un phénomène bien documenté. Les hormones sexuelles féminines, en particulier les œstrogènes, semblent jouer un rôle significatif dans cette différence, en influençant la sensibilité à la douleur et la fonction des structures de l'ATM. Une meilleure compréhension de ces mécanismes nous aide à développer des approches thérapeutiques adaptées et efficaces pour nos patientes souffrant de TTM.